Confusion fonctionnelle

Centre nautique de Décines-Charpieu, Veduta 2009 - octobre • novembre 2009

Également commissaire : Hervé Percebois (conservateur des collections du macLYON)

L’exposition est née d’une demande récurrente des élus : « je veux que l’action artistique touche l’ensemble des habitants de la ville ». Comment répondre à une telle demande, pour ne pas dire injonction ? Il y a à vrai dire deux stratégies : inviter ou s’inviter. Si la première est l’apanage des musées qui invitent les spectateurs à venir voir les expositions, l’intervention dans l’espace public participe de la seconde logique. On ne saurait inviter les habitants chez eux et il serait plus adéquat de s’inviter dans leur espace de vie. Nous avions travaillé à l’occasion par cartographie et fini par repérer un des lieux de convergence des habitants de la ville en question. C’est un centre nautique. Comment alors penser la présence de l’art dans un lieu aussi peu accueillant pour les œuvres ? Il me faut rendre ici hommage au conservateur des collections du macLYON, Hervé Percebois, qui a eu le courage de m’accompagner dans cette « folie » pour reprendre ses mots : exposer des œuvres dans un espace saturé de chlore, autrement dit à l’encontre de toute règle de conservation. L’exposition a pris place dans les espaces d’accueil et sur les gradins du centre nautique. Les œuvres, en quelque sorte, « regardaient » les nageurs. Partant d’une œuvre qui nous est parue évidente à H. Percebois et moi-même : Sans Titre, 3-09-89, (Coll. macLYON) de Toni Grand, l’exposition décline le thème de l’animal et prend pour intitulé le titre d’une des œuvres de l’exposition : « Animaux-animaux ». Pendant plus d’un mois d’exposition, les usagers de la piscine croisaient les œuvres dans leur déambulation, des visites guidées étaient proposées. Jusqu’au jour où une des œuvres, « Snaking » de Joseph & Pareno, déclencha un processus jusque-là imprévu. Dans un échange avec les maitres-nageurs du centre nautique va naitre l’idée de répondre exactement à la demande des artistes. La vidéo commence par ce texte : Your tired of blading, trekking, jogging, rafting… try Snaking. Pourquoi pas ? C’est de là que va s’organiser des soirées de Snaking. Une manière de performer l’œuvre, l’interpréter comme on interprète une partition musicale.

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