Et tendre l'astre

Mostra de Givors - janvier • mars 2014. Photographie : Blaise Adilon

Natacha Mégard propose depuis plus de 20 ans la construction continue et sans relâche du paysage du monde. Pas le monde que nous regardons au jour le jour, mais le monde des sédimentations historiques, sociales, le monde des douleurs et des joies, celui que nous rêvons parfois, celui que nous entrevoyons dans les traits noirs des dessins pariétaux, ou celui qui nous isole par moment quand le paysage se fait jardin. Etre fragment de ce qui nous entoure, c’est peut-être là tout le secret de cette œuvre hors du commun.

A mi-chemin entre la mise en scène, la mise en espace, la mise en question, la fabrique du « jardin » est une obsession chez l’artiste. Une autre obsession en est la miniature. Une petite échelle qui rend les distances visibles et lisibles. Il faut regarder de près comme on prête l’oreille à une belle histoire.

 

Dans Et tendre l’Astre, trois paysages comme autant de mirages cohabitent. Sunapsis est une exploration des distances parcourues par une idée. Passant d’un neurone à l’autre, faisant halte dans les carrefours de synapses, le paysage abrite en son centre des images mouvementées, rythmé par un étrange son d’oiseaux, et des chansons aux paroles bienveillantes : si tu l’aimes, fais l’amour. Escale est le souvenir d’un royaume englouti que l’artiste met au jour à coup de ramassage de briques. Faire attention au monde réside pour une part de le collecter, en faire collection. 79 briques, ou plus précisément 79 restes de briques forment un « paradis » à jamais perdu. Plus loin dans le désert du monde La substantifique est une bien inattendue Ghardaïa sortie de l’imaginaire de l’artiste. L’architecture est une affaire de cocons, les maisons une autre affaire d’os et d’or. La mort rode autour, mais c’est peut-être, sûrement, une vie en attente.

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